Peut-on mettre un siège auto au milieu à l’arrière ?

par Tony

D’un point de vue statistique, la place centrale arrière est la plus sûre d’une voiture en cas d’accident : plus éloignée des zones d’impact latérales, protégée des deux côtés par les passagers latéraux, éloignée des montants de carrosserie. C’est précisément pour cette raison que beaucoup de parents cherchent à y installer le siège auto de leur enfant. Mais entre l’intuition sécuritaire et la réalité technique des véhicules, l’écart est souvent considérable.

Ce que dit la loi

La réglementation française n’interdit pas l’installation d’un siège auto sur la place centrale arrière. Un enfant de moins de 10 ans doit voyager à l’arrière du véhicule dans un dispositif de retenue homologué, adapté à sa taille et à son poids, mais le texte ne précise pas quelle place latérale ou centrale doit être utilisée. Depuis le 1er septembre 2024, seuls les sièges conformes à la norme UN R129 (i-Size) peuvent être commercialisés en France. Cette norme classe les sièges par taille plutôt que par poids, impose le système Isofix et allonge la période obligatoire de position dos à la route jusqu’à 15 mois révolus.

Le non-respect de l’obligation de siège auto pour un enfant de moins de 10 ans expose le conducteur à une amende pouvant aller jusqu’à 750 euros.

La place centrale est-elle vraiment la plus sûre ?

Oui, d’un point de vue purement passif. En cas de choc latéral, l’enfant installé au centre bénéficie d’une distance tampon de chaque côté, ce que les places latérales n’offrent pas. En cas de choc frontal, la position centrale permet d’éviter le contact avec l’arrière des sièges avant conducteur ou passager, car l’enfant se trouve dans l’axe de l’espace libre entre les deux.

Ce double avantage est réel et documenté. Mais il est conditionnel : il ne vaut que si le siège auto est correctement installé sur cette place. Et c’est précisément là que les difficultés commencent.

Isofix central

Les vérifications indispensables avant toute installation

La majorité des véhicules de tourisme vendus en France ne sont pas conçus pour accueillir un siège auto au centre dans les meilleures conditions. Avant toute tentative d’installation, quatre points doivent être vérifiés.

La ceinture de sécurité disponible

C’est le point de départ. La place centrale ne peut accueillir un siège auto que si elle est équipée d’une ceinture trois points (épaule et bassin). Une ceinture deux points, dite ventrale, présente uniquement sur certains véhicules anciens, est totalement insuffisante et incompatible avec un siège auto quel que soit le modèle. Vérifiez ce point dans la notice du véhicule ou directement sur la place.

La présence ou l’absence d’Isofix central

L’immense majorité des voitures du parc français disposent de points d’ancrage Isofix uniquement sur les places latérales arrière. La place centrale n’en est pratiquement jamais équipée, sauf sur certains monospaces familiaux comme le Citroën Grand C4 SpaceTourer ou le Renault Grand Scénic, qui proposent trois vraies places arrière indépendantes dotées chacune de leur propre Isofix.

Si la place centrale ne dispose pas de ses propres crochets Isofix dédiés, il est formellement interdit d’utiliser les ancrages des places latérales pour y fixer un siège central. L’écartement non réglementaire des crochets fragilise la fixation et la rend dangereuse en cas de choc. La seule alternative légale est alors la fixation par ceinture, à condition que la ceinture disponible soit bien de type trois points.

Le tunnel de transmission et la planéité du plancher

Beaucoup de berlines et de SUV compacts présentent un tunnel de transmission bombé au centre du plancher arrière. Ce relief peut perturber l’assise du siège auto, empêcher la stabilité de certains modèles et surtout rendre impossible l’utilisation d’une jambe de force ou béquille anti-rotation, présente sur de nombreux sièges modernes. Si votre siège est équipé d’une jambe de force et que le plancher central n’est pas plat, l’installation est techniquement interdite car la béquille s’appuierait sur une surface instable et ne remplirait pas son rôle en cas de choc.

La compatibilité déclarée du siège avec le véhicule

Chaque fabricant de siège auto publie une liste de compatibilité véhicule par véhicule, place par place. Avant d’installer un siège au centre, consultez cette liste et vérifiez que la combinaison siège/véhicule/place est bien approuvée par le fabricant. Si elle ne l’est pas, l’installation n’est pas conforme même si elle semble physiquement stable.